Anticancer, anti-alzheimer, la révolution cétogène !

De plus en plus de données scientifiques s’accumulent sur les bénéfices du régime cétogène pour lutter contre de multiples pathologies : épilepsie, Alzheimer, obésité, cancer, etc. Bien que déroutant, il repose sur des principes simples. Nos explications et sa mise en pratique.

Le jeûne, précurseur du régime cétogène

Le jeûne a longtemps constitué le seul traitement connu de l’épilepsie, cette maladie neurologique chronique qui se manifeste par des crises soudaines accompagnées de convulsions et de pertes de conscience, de secousses musculaires et parfois d’hallucinations. Les crises sont dues à la décharge simultanée dans le cerveau de milliers de neurones, un orage cérébral qui peut aboutir à des lésions neurologiques. Celles-ci sont particulièrement dangereuses pour les enfants en bas âge dont le cerveau n’est pas encore mature.

Les effets du jeûne sur l’épilepsie ont été documentés de façon scientifique pour la première fois en 1911 grâce à deux médecins parisiens, les Dr Guelpa et Marie [1]. Ils ont observé la disparition des crises chez plusieurs enfants grâce à la simple mise en place de périodes de privation de nourriture. Il faudra encore quelques années pour que le mécanisme physiologique soit bien compris : les améliorations de la maladie sont dues à la présence de corps cétoniques, de précieuses molécules dont la concentration dans le sang augmente après 2 à 3 jours de jeûne.

Mais les restrictions d’un jeûne sont difficiles à suivre et même impossibles à respecter sur une longue période. Car il faut bien manger pour vivre ! C’est ainsi que le Dr Wilder de la Mayo Clinic aux États-Unis a l’idée, en 1921, d’élaborer un régime stimulant fortement la production de corps cétoniques, de façon à provoquer les effets bénéfiques du jeûne tout en continuant à s’alimenter. Quatre-vingt-dix ans plus tard, le régime cétogène est toujours proposé aux patients épileptiques réfractaires aux médicaments, et d’autres pistes thérapeutiques sont aussi explorées car il semble être aujourd’hui l’un des meilleurs recours pour faire face à de nombreuses maladies métaboliques et neurodégénératives.

Il est en fait plus efficace que le jeûne car la production de corps cétoniques est plus importante !

Les corps cétoniques, c’est quoi ?

On entend souvent que notre organisme a impérativement besoin de glucides pour fonctionner normalement. C’est d’ailleurs un des arguments principaux qu’utilisent les autorités de santé pour nous conseiller de manger des céréales et des féculents à chaque repas.

En réalité, le corps humain a la possibilité de fonctionner normalement en l’absence totale de glucides dans l’alimentation. L’énergie est alors produite en utilisant les graisses corporelles et les graisses alimentaires. Le carburant qui en découle n’est plus du sucre mais des « corps cétoniques », une substance dérivée des graisses. Les corps cétoniques sont la seule autre substance énergétique, avec le glucose, qui peut être utilisée pour fonctionner par notre cerveau, notre cœur et nos muscles.

Ce mécanisme a été régulièrement utile à nos ancêtres du Paléolithique qui vivaient de chasse, de pêche et de cueillette, alors que les fruits, les baies ou les tubercules (des glucides) n’étaient pas disponibles toute l’année. C’est grâce à ce mode métabolique que l’homme a pu fonctionner pendant des milliers d’années et conquérir les zones nordiques.

Aujourd’hui, de nombreuses études ont établi qu’un régime cétogène, riche en gras et très pauvre en glucides, modifie profondément notre métabolisme, ce qui lui confère des effets thérapeutiques particulièrement puissants : maladies neurodégénératives, neurologiques, cancers…

Que se passe-t-il dans le cerveau avec les corps cétoniques ?

Après 2 ou 3 jours de régime cétogène, le cerveau tire facilement 25 à 30 % de son énergie à partir des corps cétoniques, et 70 % après 3 semaines de régime. À partir de ce moment, on constate que les malades d’épilepsie ont beaucoup moins de crises, voire plus du tout ! Il s’agit d’ailleurs du traitement privilégié par les neurologues quand les médicaments ne fonctionnent pas, ou pas suffisamment. Mais pourquoi un tel miracle ?

Beaucoup d’études ont tenté de le comprendre [2], mais le mécanisme exact reste encore largement méconnu [3]. Il semble que tout se joue au niveau de la mitochondrie, l’endroit de la cellule où se fabrique l’énergie nécessaire à toutes les réactions biochimiques.

Son fonctionnement correct est crucial et des anomalies des activités de la mitochondrie des cellules nerveuses sont en lien avec l’épilepsie, mais aussi avec beaucoup d’autres maladies neurologiques.

Les chercheurs amassent de plus en plus de données théoriques sur les bénéfices du régime cétogène pour lutter contre les migraines, contre la maladie de Parkinson [4], celle d’Alzheimer et contre les tumeurs au cerveau, l’autisme ou la sclérose en plaques [5]. Ils ont déjà démontré qu’alimenter la mitochondrie avec des corps cétoniques exerce de profonds effets protecteurs sur les neurones [6] : les corps cétoniques élèvent les niveaux d’ATP, la molécule qui transporte l’énergie dans chaque partie de la cellule, ils réduisent la formation de radicaux libres et ils stimulent la régénération des mitochondries [7]. De plus, le niveau de GABA, un neurotransmetteur calmant, s’élève tandis que celui du glutamate, un excitant, diminue [8], ce qui permet d’atténuer l’hyperexcitabilité des neurones, une des causes des maladies neurodégénératives. Les études cliniques sont encore limitées, mais elles montrent des résultats très encourageants, en particulier pour la maladie d’Alzheimer [9].

Ce qui ne fonctionne pas dans le cerveau d’un malade d’Alzheimer

Les chercheurs ont remarqué que les cellules cérébrales des patients atteints d’Alzheimer ont beaucoup de mal à utiliser le glucose et ils en parlent comme d’une résistance à l’insuline. L’insuline est l’hormone qui permet au glucose de pénétrer dans les cellules. Le problème, c’est qu’une alimentation riche en glucides, comme celle de la majorité de la population, sollicite fortement la production d’insuline et petit à petit les cellules y répondent de moins en moins bien. Les dysfonctions augmentent et les cellules, faute de carburant énergétique, finissent par mourir.

Le lien est bien établi entre le diabète de type 2 et Alzheimer : dans le premier, la résistance à l’insuline entraîne la dégénérescence des cellules du pancréas, alors que dans la maladie d’Alzheimer les dommages concernent les cellules cérébrales. Les diabétiques ont 50 % de risques supplémentaires de développer la maladie d’Alzheimer et la similitude des mécanismes fait que l’on parle de plus en plus d’Alzheimer comme d’un diabète de type 3 [10].

Les corps cétoniques ne sont pas dépendants de l’insuline pour pénétrer dans les cellules. En les substituant au glucose pour fournir un apport alternatif d’énergie aux neurones, cela pourrait bien modifier le cours de la maladie. On observe avec l’adoption d’un régime cétogène une amélioration des performances cognitives et une diminution des troubles chez les patients à un stade léger ou modéré [11] [12]. Pour certains, l’évolution de la maladie est franchement ralentie, pour d’autres les effets demeurent très modestes. Mais à l’heure actuelle, les médicaments étant tous décevants, il n’y a rien à perdre à tenter cette piste thérapeutique et peut-être tout à y gagner.

D’autre part, des études cliniques sont en cours pour valider les nombreux témoignages

[13] qui font de l’huile de noix de coco une alternative a priori plus qu’intéressante pour fournir au cerveau des corps cétoniques en grande quantité et ralentir la progression de la maladie : consommer 2 à 4 cuillères à soupe par jour permettrait déjà d’améliorer les malades, même si les résultats restent supérieurs avec un régime cétogène total.

Le rôle du régime cétogène dans la lutte contre le cancer

Il est tout à fait possible que le régime cétogène devienne un jour prochain un standard des soins pour les cancéreux [14]. Les cellules cancéreuses ayant muté, elles fonctionnent en effet différemment de nos cellules normales. En particulier, elles ne savent se nourrir que de glucose alors que nos cellules normales peuvent aussi choisir les corps cétoniques. Privées de sucre, elles se trouvent affamées et ne peuvent se développer, ni proliférer [15].

À côté de cela, on sait que l’insuline, dont la sécrétion est provoquée par la consommation de glucides, stimule par différentes voies métaboliques l’inflammation et la croissance des cellules en général, et donc des tumeurs [16]. On pourrait donc être tenté de croire qu’un régime cétogène est suffisant pour guérir le cancer, mais ce n’est pas tout à fait le cas car nous avons toujours un peu de sucre circulant dans le sang, ce qui est au moins suffisant pour maintenir une tumeur en vie.

Toutefois, le régime cétogène offre un avantage certain : il va optimiser les effets des autres traitements comme la chimiothérapie ou la radiothérapie, et dans tous les cas il permettra de prolonger la survie, ce qui est déjà exceptionnel pour une simple thérapie nutritionnelle [17] [18] [19] ! Une douzaine d’études de petite envergure ont été menées chez l’homme [20]. Les premiers résultats montrent une amélioration de la qualité de vie des patients et un ralentissement de la progression des tumeurs. Le régime cétogène semble aussi particulièrement efficace en accompagnement des traitements médicaux, il renforce les chimiothérapies et la radiothérapie tout en atténuant leurs effets secondaires. Ces travaux en sont à leur balbutiement : cinq études scientifiques sont actuellement en cours pour tester les effets d’un régime cétogène dans le cadre de différents cancers, mais les résultats ne seront pas connus avant plusieurs années encore [21].

Commencez par bouleverser vos habitudes alimentaires !

Les principes pour entraîner la cétose sont simples, mais ils sont loin du mode alimentaire courant et défient tous les préceptes alimentaires généralement admis :

– Des graisses en quantité très importante, jusqu’à 90 % des calories : Beurre, mayonnaise, huiles vierges (olive, colza, coco, etc.), noix et oléagineux, olives, avocat…

– Des protéines en quantité modérée, de 8 à 15 % des calories : Viandes, volailles, poissons, fruits de mer, œufs, fromage

– Très peu de glucides, de 2 à 5 % des calories :

  1. Eliminer les sucres (confiture, glaces, pâtisseries, etc.), y compris naturels (fruits, miel, compotes).
  2. Supprimer les féculents : céréales (pain, pâtes, riz, etc.), pommes de terre et patates douces, légumineuses (lentilles, haricots secs, etc.).
  3. Choisir des légumes pauvres en glucides : chou vert, asperge, aubergine, concombre, brocoli, céleri, laitue, poireau, haricots verts, salsifis, courgette, champignons, etc.

Le régime cétogène demande une certaine rigueur, surtout dans la phase de démarrage car il faut amener l’organisme à inverser son métabolisme pour passer d’un mode brûleur de glucides à celui de brûleur de graisses. Afin de contrôler les réactions de l’organisme et vérifier que vous produisez bien des corps cétoniques, se procurer des bandelettes urinaires (en pharmacie : Ketostix ou Keto-Diastix) est utile, même si la mesure n’est pas très précise.

En général, de 20 à 50 g par jour de glucides [22] permettent de maintenir un état de cétose, sachant qu’il existe plusieurs versions du régime selon le but visé et la tolérance de chacun. Même si vous êtes convaincu d’évaluer correctement la quantité de glucides consommée, il arrive facilement de se tromper dans ses estimations.

Pesez les portions à l’aide d’une balance et calculez précisément la quantité de glucides. Comme la quantité de glucides journalière est très limitée, il est conseillé de privilégier les légumes, et en particulier ceux qui sont pauvres en glucides, afin de pouvoir tout de même en manger de manière significative : les légumes sont la seule source de fibres et de minéraux dans cette alimentation. Pour s’y retrouver dans les valeurs nutritionnelles des principaux aliments : https://pro.anses.fr/TableCIQUAL/index.htm

Compensez la réduction des glucides par l’ajout de lipides à tous les repas, tant des graisses animales (beurre, viande grasse, etc.) que des huiles végétales riches en oméga-3 (lin, noix, colza) et de l’huile d’olive. L’huile de noix de coco est un incontournable de l’alimentation cétogène car ses acides gras à chaîne moyenne produisent naturellement beaucoup de corps cétoniques [23] : 35 g d’huile de coco permettent d’obtenir facilement 20 g de corps cétoniques.

Enfin, je peux manger gras !

Le régime cétogène est un régime assez pénible à suivre pour la plupart des gens car il rend difficile l’alimentation en société et restreint assez fortement le choix d’aliments. De plus, les bénéfices ne sont totaux que lorsque le régime est bien suivi, c’est-à-dire lorsque l’apport en glucides n’excède pas 20 g par jour pour la majorité des gens : il suffit que l’on mange ponctuellement un aliment riche en glucides pour sortir de cétose !

Mais il présente tout de même un sacré avantage : c’est la première fois qu’il devient sain et recommandé de manger extrêmement gras ! Et c’est pour beaucoup quelque chose d’assez plaisant ! De plus il est possible de faire des plats cétogènes délicieux et sains.

Annie Casamayou

[1] Guelpa G., Marie A. La lutte contre l’épilepsie par la désintoxication et par la rééducation alimentaire. Rev Thermed-Chirurg. 1911; 78: 8–13.

[2] Hemingway C, Freeman JM, Pillas DJ, Pyzik PL. The ketogenic diet: a 3- to 6-year follow up of 150 children enrolled prospectively. Pediatrics. 2001;108:898–905.Kossoff E. The fat is in the fire: ketogenic diet for refractory status epilepticus. Epilepsy Curr 2011; 11: 88–89.

[3] Kessler SK, Neal EG, Camfield CS, Kossoff EH. Dietary therapies for epilepsy: future research. Epilepsy Behav 2011; 22: 17–22.

[4] Vanitallie TB, Nonas C, Di Rocco A, Boyar K, Hyams K, Heymsfield SB. Treatment of parkinson disease with diet-induced hyperketonemia: a feasibility study. Neurology 2005; 64: 728–730.

[5] Stafstrom CE, Rho JM. The ketogenic diet as a treatment paradigm for diverse neurological disorders. Front Pharmacol 2012; 3: 59.

[6] Kim do, Y., Davis, L. M., Sullivan, P. G., Maalouf, M., Simeone, T. A., van Brederode, J., and Rho, J. M. (2007). Ketone bodies are protective against oxidative stress in neocortical neurons. J. Neurochem. 101, 1316–1326.

[7] Maalouf, M., Rho, J. M., and Mattson, M. P. (2009). The neuroprotective properties of calorie restriction, the ketogenic diet, and ketone bodies. Brain Res. Rev. 59, 293–315.

[8] Daikhin Y, Yudkoff M., “Ketone bodies and brain glutamate and GABA metabolism.” Dev Neurosci. 1998;20(4-5):358-64.

[9] voir Alternatif Bien-Être n° 101.

[10] Suzanne M. de la Monte and Jack R. Wands, Alzheimer’s Disease Is Type 3 Diabetes Evidence Reviewed – J Diabetes Sci Technol. 2008 Nov; 2(6): 1101–1113.

[11] Henderson, S. T., Vogel, J. L., Barr, L. J., Garvin, F., Jones, J. J., and Costantini, L. C. (2009). Study of the ketogenic agent AC-1202 in mild to moderate Alzheimer’s disease: a randomized, doubleblind, placebo- controlled, multicenter trial. Nutr. Metab. (Lond.) 6, 31.

[12] Robert Krikorian et all. Dietary ketosis enhances memory in mild cognitive impairment – Neurobiol Aging. 2012 February; 33(2): 425.e19–425.e27. doi:10.1016/j.neurobiolaging.2010.10.006

[13] http://www.coconutketones.com/whatifcure.pdf

[14] Chia-Wei Cheng, Gregor B. Adams, Laura Perin, Min Wei, Xiaoying Zhou, Ben S. Lam, Stefano Da Sacco, Mario Mirisola, David I. Quinn, Tanya B. Dorff, John J. Kopchick, Valter D. Longo – Prolonged Fasting Reduces IGF-1/PKA to Promote Hematopoietic-Stem-Cell-Based Regeneration and Reverse Immunosuppression – DOI: http://dx.doi.org/10.1016/j.stem.2014.04.014

[15] Rainer J Klement and Ulrike Kämmerer – Is there a role for carbohydrate restriction in the treatment and prevention of cancer? Nutr Metab (Lond). 2011; 8: 75.

[16] Djiogue S, Nwabo Kamdje AH, Vecchio L, Kipanyula MJ, Farahna M, Aldebasi Y, Seke Etet PF. Insulin resistance and cancer: the role of insulin and IGFs. Endocr Relat Cancer. 2013 Jan 7;20(1): R1-R17. doi: 10.1530/ERC-12-0324. Print 2013 Feb.

[17] Nicholas A Graham, Martik Tahmasian, Bitika Kohli, Evangelia Komisopoulou, Maggie Zhu, Igor Vivanco, Michael A Teitell, Hong Wu, Antoni Ribas, Roger S Lo, Ingo K Mellinghoff, Paul S Mischel, Thomas G Graeber. Glucose deprivation activates a metabolic and signaling amplification loop leading to cell death. Molecular Systems Biology 8 Article number: 589.

[18] Otto C, Kaemmerer U, Illert B, Muehling B, Pfetzer N, Wittig R et al. Growth of human gastric cancer cells in nude mice is delayed by a ketogenic diet supplemented with omega-3 fatty acids and medium-chain triglycerides. BMC Cancer 2008; 8: 122.

[19] Seyfried BT, Kiebish M, Marsh J, Mukherjee P. Targeting energy metabolism in brain cancer through calorie restriction and the ketogenic diet. J Cancer Res Ther 2009; 5 (Suppl 1), S7–S15.

[20] Allen BG, Bhatia SK, Anderson CM, Eichenberger-Gilmore JM, Sibenaller ZA, Mapuskar KA, Schoenfeld JD, Buatti JM, Spitz DR, Fath MA. Ketogenic diets as an adjuvant cancer therapy: History and potential mechanism. Redox Biol. 2014 Aug 7;2C:963-970.

[21] (23) Bruno Raynard. Le jeûne thérapeutique en cancérologie : mode ou réalité ? Nutrition Clinique et Métabolisme. Volume 29, Issue 2, May 2015, Pages 132–135.

[22] (26) Sumithran P, Proietto J. Ketogenic diets for weight loss: a review of their principles, safety and efficacy. Obesity research and clinical practice. 2008;2:1-13.

[23] Combinations of medium chain triglycerides and therapeutic agents for the treatment and prevention of Alzheimer’s disease and other diseases resulting from reduced neuronal metabolism,” United States Patent 2008/0009467, Inventor Samuel T. Henderson, Accera, Inc., Broomfield, Colorado (Ketasyn).

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